Samedi 14 novembre 2009
6
14
/11
/Nov
/2009
18:15
Aujourd'hui, c'était samedi et je me suis dit : Oh, j'irai bien prendre un bain de foule aux
Halles.
(En vrai, je voulais aussi acheter une robe noire neuve - j'ai déjà des robes noires, mais elles sont pas neuves, ELLES).
Me voilà donc partie avec entrain - entrain dont, bizarrement, je ne me suis pas départie, pourtant un samedi dans un centre commercial aurait de quoi rendre de mauvais poil Chantal Goya et les
télétubbies réunis - d'ailleurs, j'ai toujours été convaincue que Chantal Goya se trouve en réalité à l'intérieur du télétubbie rose (c'est le plus crispant de tous).
Et puis, au détour d'une rue souterraine qui sent le pipi, je vois un Séphora avec plein de filles dedans, toutes apprêtées, sapées, bombesques en somme (bon, faut pas s'approcher trop près, mais
de loin elles avaient l'air bien). Et je me dis : tiens, si je m'achetais quelque chose -
le chromosome a parlé, je pouvais pas lutter.
Alors je ne sais pas ce qu'il m'a pris, mais au lieu d'acquérir un truc plutôt neutre (un gel douche, un mascara, quelque chose qui soit dans mes cordes) je me suis précipitée sur les trucs de
dadame pas possibles et dont je ne soupçonnais pas l'existence.
C'est fascinant, je vous jure. Déjà, à mon sens, le maquillage, le parfum, tout ça, c'est hors de prix - mais j'ai arrêté de chaparder dans les boutiques depuis que je suis une adulte - enfin, que
j'essaie d'être une adulte. Et de voir tous ces fixateurs d'ombres à paupière, ces pinces à recourbe-cils, ces crèmes pour bustes qui diffèrent évidemment complètement de la crème pour cuissots, ça
m'a bien retournée. Messieurs, je peux vous dire que vous n'imaginez même pas l'étendue des stratégies féminines pour vous piéger - et moi je suis bien contente d'être hétérosexuelle, je m'aperçois
que ça m'épargne bien des déceptions (Pardon Madame, faut pas rester là Madame, c'est pas chez vous ici.... Roseline? Roseline! C'est
toi?)
Et ils sont malins à Séphora, ils te mettent des miroirs partout histoire que tu puisses bien contempler les dégâts de la soirée de la veille. Bref, je me retrouve tout à coup à la caisse avec un
enluminateur de teint (j'ai déjà du fonds de teint, mais je me suis dit que l'enluminateur de teint c'était beaucoup mieux, rapport sûrement à la cuite de la veille), enluminateur de teint dont je
préfère ne pas me souvenir du prix. Et puis une fois chez moi, je l'étale consciencieusement, en me trouvant très femme, très grrr, très vagino-moltocultable (Faut dire que ce truc sent la pouffe,
alors ça aide à se sentir femme - et vulgaire aussi, visiblement). Contente de ma nouvelle ascension dans l'univers des bonnasses, hop, je sors dans mon quartier, je vais même au Monop (ouais
ma vie sociale est complètement dingue, mais j'avais envie d'un autre bain de foule) et là, miracle, alléluïa, merci Saint-Pouffe, j'attire les regards, on me sourit, tout le monde, le beau mec là,
et lui là aussi, et oh la vieille dame, la femme à la poussette, et même la caissière!
Un véritable triomphe.
Bon, pi une fois chez moi, je me suis dit qu'il faudrait peut être allumer la lumière la prochaine fois que je fais ma dadame, vu que j'avais des graaandes traces blanches partout sur le visage
(oui, oui, de ces traces blanches qui installent une certaine ambiguité - je n'en dirais pas plus, j'ai coché la case "accessible à tous les publics quand j'ai crée le blog).
N'est donc pas dadame qui veut, surtout quand il se trouve que Pierre Richard a toutes les chances d'être votre père caché. Pierre, lâche-moi la grappe steuplait, tu sais, faut pas croire ce qu'on
dit, l'ADN n'est pas une fatalité.
Par cassis
0