Mercredi 18 novembre 2009
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Il y a des films qui vous transportent, qui vous font voyager, qui vous sensationnent comme jamais - même des blockbusters, même si vous avez parfaitement conscience que tout ça fait partie d'une
machine bien rôdée, huilée et friquée, où les effets spéciaux, le scénario branché et les acteurs formatés participent un tant soit peu à une illusion de réalité ou à une distanciation
humoristique.
Et puis il y a les grosses daubes. 2012 en fait partie.
Je sais bien que tout le monde ou presque a vu ce film, ou le verra bientôt, un dimanche soir à la télé par exemple. (Je vous conseille cette option, à mon avis, payer 10 euros pour voir cette
merde au milieu d'une salle blindée, ça vaut pas le coup, achetez vous plutôt des carambars -un gros paquet)
Mais resituons un peu le contexte : certaines civilisations, les Mayas ou la Chine antique, ont prédit la fin du monde pour le 21 décembre 2012 - ce qui signifie que, quoiqu'il advienne, il faudra
faire des trucs super cools le 20 décembre 2012. A partir de ce postulat, la bande-annonce vous montre des scientifiques catastrophés, suivis de très près par des images de tsunamis et séïsmes en
tous genres, parsemés de petits nenfants qui courent affolés et de voitures volant dans tous les sens.
Bon, évidemment, on peut difficilement se leurrer sur le genre du film : pas de doute, un film catastrophe aux moyens énormissimes, et on se dit Chouette, je vais voir plein
de raz de marée et de tremblements de terre. Même si j'avais déjà réservé ma place avec quelques potes, je suis allée voir ce qu'en disaient les critiques. Ben une fois de plus, je me
promets à moi-même de ne plus jamais faire confiance aux critiques. (Cela dit, je le savais déjà. Faire confiance aux critiques, c'est aussi se retrouver à semi-siester face à un film angoissant -
angoissant parce qu'il ne se passe rien, si bien qu'au bout d'une heure le suspens est insoutenable : va-t-il y a voir une péripétie, un frémissement d'action, un semblant de retournement? La
réponse fut sans appel : non. Merci Télérama.)
Parce que la première déception se trouve là : vous planifiez de voir un film à effets spéciaux, vous achetez même du pop corn pour la peine, et là paf, on vous montre seulement 2 tsunamis, un
bateau qui coule et question sensations, vous restez sur votre faim. En revanche, le réalisateur a tout misé sur le supermarché qui s'écroule, le building qui s'écroule, le joli pavillon avec des
volets bleus qui s'écroule, le building plus gros que le premier qui s'écroule, etc. A partir de là, vous sentez bien que l'imagination du mec a ses limites, il aurait pu montrer des temples, des
musées, la muraille de Chine, les pyramides d'Égypte, mais non, ce fut le supermarché du coin. (Ah, pardon. On a aussi eu le droit à Las Vegas et à quelques montagnes enneigées.) Les moments phares
restant ceux où on voit des villes entières s'effondrer, avec moult voitures et véhicules enflammés qui sautent et explosent partout. Conclusion : 2012 n'est pas un film à effets spéciaux, je vous
le dis tout de suite, c'est un film de cascades de bagnoles, point barre.
Et puis vraiment, vraiment, le discours ou les idées qui sous-tendent le film sont puantes, à tel point que vous cherchez - en vain - un second degré dans l'histoire. Sans dévoiler le semblant de
scénario, prétexte à tout cela, je peux vous dire que tous ceux qui ne sont pas mariés, ou qui ont été méchants, adultères, etc, vont crever dans d'atroces souffrances. Mais jusque là, c'est de
l'américanisme tel qu'on le connait - déjà, on note qu'il n'est fait mention de la Nasa à aucun moment, bravo les mecs pour l'effort d'originalité.
Au delà du scénario bien pourrave et de beaucoup de longueurs (ils ont dû ramer pour que ça ait l'air un minimum cohérent), j'ai trouvé que ce film surfait sans vergogne sur la vague
écolo-alarmiste (alarmiste à raison, hein, mais ça ne change rien) pour foutre un peu les jetons, sans jamais - et c'est une prouesse - expliquer le bouzin. Rassurez vous msieurs dames, on va pas
vous emmerder avec le réchauffement climatique, juste vous montrer des voitures qui explosent. Et puis à part les États-Uniens, on ne voit que quelques Italiens et des Indiens - les Indiens ça
passe bien, ils sont peace, ça fait bien fin du monde, et personne ne les aime ni les déteste, c'est pas comme les Arabes ou les Japonais.
Pour finir, 2012 fout les jetons en montrant les limites de l'imagination collective, sur ce qui fait rêver ou trembler les masses - je dis ça sans condescendance, la salle de cinoche était
vraiment blindée, on peut parler de masse. Ca m'a rappelé Roland Barthes (où on voit que j'ai pas eu un master de lettres dans une pochette surprise) qui expose, dans les années 60, que notre
vision du futur se limite aux véhicules : les fameux vaisseaux spatiaux des extras terrestres, point d'orgue de tout film du genre. Et 2012 se caractérise définitivement comme un film de véhicules
: bagnoles, avions, bateaux, vaisseaux spatiaux, on ne voit que ça. En résumé, une grosse daube qui met dos à dos la nature déchaîné et l'inventivité des humains - va falloir passer de la bagnole
au vaisseau spatial, c'est notre seule issue les gars.
Bref, j'ai pas trop aimé le film, mais ça m'empêchera pas de faire des trucs inédits et dingues le 20 décembre 2012, on sait jamais.
Par cassis
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Samedi 14 novembre 2009
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18:15
Aujourd'hui, c'était samedi et je me suis dit : Oh, j'irai bien prendre un bain de foule aux
Halles.
(En vrai, je voulais aussi acheter une robe noire neuve - j'ai déjà des robes noires, mais elles sont pas neuves, ELLES).
Me voilà donc partie avec entrain - entrain dont, bizarrement, je ne me suis pas départie, pourtant un samedi dans un centre commercial aurait de quoi rendre de mauvais poil Chantal Goya et les
télétubbies réunis - d'ailleurs, j'ai toujours été convaincue que Chantal Goya se trouve en réalité à l'intérieur du télétubbie rose (c'est le plus crispant de tous).
Et puis, au détour d'une rue souterraine qui sent le pipi, je vois un Séphora avec plein de filles dedans, toutes apprêtées, sapées, bombesques en somme (bon, faut pas s'approcher trop près, mais
de loin elles avaient l'air bien). Et je me dis : tiens, si je m'achetais quelque chose -
le chromosome a parlé, je pouvais pas lutter.
Alors je ne sais pas ce qu'il m'a pris, mais au lieu d'acquérir un truc plutôt neutre (un gel douche, un mascara, quelque chose qui soit dans mes cordes) je me suis précipitée sur les trucs de
dadame pas possibles et dont je ne soupçonnais pas l'existence.
C'est fascinant, je vous jure. Déjà, à mon sens, le maquillage, le parfum, tout ça, c'est hors de prix - mais j'ai arrêté de chaparder dans les boutiques depuis que je suis une adulte - enfin, que
j'essaie d'être une adulte. Et de voir tous ces fixateurs d'ombres à paupière, ces pinces à recourbe-cils, ces crèmes pour bustes qui diffèrent évidemment complètement de la crème pour cuissots, ça
m'a bien retournée. Messieurs, je peux vous dire que vous n'imaginez même pas l'étendue des stratégies féminines pour vous piéger - et moi je suis bien contente d'être hétérosexuelle, je m'aperçois
que ça m'épargne bien des déceptions (Pardon Madame, faut pas rester là Madame, c'est pas chez vous ici.... Roseline? Roseline! C'est
toi?)
Et ils sont malins à Séphora, ils te mettent des miroirs partout histoire que tu puisses bien contempler les dégâts de la soirée de la veille. Bref, je me retrouve tout à coup à la caisse avec un
enluminateur de teint (j'ai déjà du fonds de teint, mais je me suis dit que l'enluminateur de teint c'était beaucoup mieux, rapport sûrement à la cuite de la veille), enluminateur de teint dont je
préfère ne pas me souvenir du prix. Et puis une fois chez moi, je l'étale consciencieusement, en me trouvant très femme, très grrr, très vagino-moltocultable (Faut dire que ce truc sent la pouffe,
alors ça aide à se sentir femme - et vulgaire aussi, visiblement). Contente de ma nouvelle ascension dans l'univers des bonnasses, hop, je sors dans mon quartier, je vais même au Monop (ouais
ma vie sociale est complètement dingue, mais j'avais envie d'un autre bain de foule) et là, miracle, alléluïa, merci Saint-Pouffe, j'attire les regards, on me sourit, tout le monde, le beau mec là,
et lui là aussi, et oh la vieille dame, la femme à la poussette, et même la caissière!
Un véritable triomphe.
Bon, pi une fois chez moi, je me suis dit qu'il faudrait peut être allumer la lumière la prochaine fois que je fais ma dadame, vu que j'avais des graaandes traces blanches partout sur le visage
(oui, oui, de ces traces blanches qui installent une certaine ambiguité - je n'en dirais pas plus, j'ai coché la case "accessible à tous les publics quand j'ai crée le blog).
N'est donc pas dadame qui veut, surtout quand il se trouve que Pierre Richard a toutes les chances d'être votre père caché. Pierre, lâche-moi la grappe steuplait, tu sais, faut pas croire ce qu'on
dit, l'ADN n'est pas une fatalité.
Par cassis
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Jeudi 12 novembre 2009
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10:44
Pour quiconque ne cherchant pas actuellement un travail dans l'édition (par travail, j'entends activité rénumérée et déclarée, et non stage payé au lance-pierre
pour s'arracher 10h par jour à faire tout ce que les autres ne veulent pas se cogner), ce qui suit ne va peut-être pas vous sembler fou - mais il me semble être de mon devoir de bloggeuse aguerrie
(ahem) de vous informer un minimum à ce sujet.
Vous l'aurez compris, je cherche moi-même un boulot dans l'édition aujourd'hui, et pour info, après un bac plus 5 et de l'expérience, je ne demande pas la lune, je ne souhaite pas devenir éditrice
à Gallimard ou directrice littéraire à Flammarion (évidemment, si vous, Monsieur le PDG de Gallimard me lisez, je ne suis pas non plus entièrement contre), pour le moment, un "simple" job
d'assistante de com m'irait parfaitement. Alors je sais, JE SAIS, c'est la crise, on a rien à vous offrir ma bonne dame, et sinon vous chercheriez pas un stage? Bref - non, je ne fais pas un blog
pour le collectif Génération Précaire link. Mais dans l'édition -
et dans plein d'autres milieux, hein, comme quoi on est pas bégueules en France question précarité - on préfère employer plein de stagiaires et pi c'est tout, pas d'ouvertures de poste dans les 10
années à venir. Forcément, c'est légèrement handicapant.
Dans la dernière maison d'édition où j'ai travaillé, on pouvait donc compter 5 employés pour 5 stagiaires (je dis stagiaire, je pourrais aussi dire esclave moderne ou martyr surdiplômé) - ce qui
est un peu la règle de base. C'est simple, ça donnait : "à qui on pourrait refiler les cartons à porter jusqu'à la poste? A qui on pourrait faire faire le tour de Paris pour donner des flyers? A
qui on pourrait dire : "tu sais, aujourd'hui c'est vraiment le grand rush... Heureusement que t'es là hein... T'as prévu d'aller déjeuner, t'es SUR?". Voilà, en gros - ça donne pas envie, je sais
bien.
Heureusement, pour les chômeurs comme moi en recherche de taf dans l'édition, il existe un site formidable qui, à défaut de proposer des vraies offres d'emploi, fait passer de vrais bons moments -
qu'est ce qu'on se poile dans le milieu! Je vous conseille de pousser votre curiosité à son maximum et d'y jeter un oeil : c'est là : link
Histoire de ne pas passer à côté, je vous propose de faire un comparatif rapide entre les "offres d'emplois" et les "offres de stage" - vous verrez que j'ai pas menti.
Et ces derniers temps, je dois dire qu'ils y vont fort à l'Asfored, à se demander si ils ont pas perdu un pari ou si ils n'ambitionnent pas de passer dans un bêtisier des offres d'emplois (note
pour moi-même : en voilà une idée à creuser!).
Missions
Dans le cadre de la mise à jour annuelle de guides de loisirs thématiques, nous cherchons 8 personnes disponibles et consciencieuses
pour vérifier des informations et les saisir dans notre base de données.
Cette mission de phoning se fait de chez vous. Aussi, si vous êtes à l’aise au téléphone et équipé d’une ligne téléphonique avec appels illimités (environ 430 structures à joindre),
contactez-nous. Cette mission doit commencer ASAP pour se terminer au plus tard le 20 novembre 2009.
Prévoir une réunion explicative préalable dans nos locaux à Paris.
Si cette offre vous intéresse, merci de nous envoyer votre CV par email. Merci de ne pas téléphoner.
Je vous l'accorde, il y a pire. (Mais notons tout de même l'hilarant : "ne pas téléphoner" ou mieux encore "si vous êtes équipé d'une ligne téléphonique avec appels
illimités" : voilà! Ca c'est du job!)
Bon, et puis ce matin, je tombe sur ça :
Profil recherché
maîtrise de l'environnement Mac OS X et excellente maîtrise de Word
Connaissance de Quark XPresse 7 est 1 atout
excellente maîtrise de la langue française et des règles typographiques souhaitée
bon relationnel, organisé, autonome
grande aisance ou affinités avec le monde de l'érotisme et du sexe (récits et photos des lecteurs à traiter)
En gros, si je résume, ils cherchent un acteur porno ou une actrice porno qui maitrise Quark Xpress 7 -au passage, je me demande quand même ce qu'ils sous
entendent par "photos des lecteurs à traiter"?
Soyons lucides : il va falloir que je rajoute deux ou trois cordes à mon arc pour trouver un boulot - comme une ligne fixe illimitée et une expérience dans le porno. Ouaip, j'ai du pain sur
la planche.
PS : j'ai rajouté (1) après le titre de l'article, je sens qu'on a pas fini de rigoler avec ce sujet.
Par cassis
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Mardi 10 novembre 2009
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09:57
Pour bien commencer la journée, un groupe péchu et groovy, très années folles.
Nan en fait, c'est aussi pour ceux qui sont au bureau et qui peuvent difficilement se payer le luxe d'écouter un truc groovy-très-années-folles au milieu de l'open space - gnark gnark.
Parce que moi-même, quand je m'emmerdais à une échelle galactique au boulot, et que je naviguais en douce sur le net (on pouvait même voir : Facebook, 695 visites sur google, la honte), je ne
pouvais jamais regarder les vidéos. Sauf qu'à la fin, je m'emmerdais trop et puis j'avais enfin compris que ça ne servait à rien de prendre des airs affairés, donc je matais sans vergogne tout
youtube et tout dailymotion SANS le son - quand j'y pense, je ne regrette pas ce job. A moi, donc, le plaisir ineffable de voir se déhancher Shakira en silence - ben c'est encore plus ridicule
qu'avec la musique. Bref.
Très vite dans ma vie de jeune adulte, il m'est apparu que je n'étais pas faite pour notre époque. Je ne sais pas si c'est l'effet vintage ou une inadaptation sociale de ma part (merci de ne
pas me donner la bonne réponse, je préfère pas savoir en fait), mais j'ai toujours été convaincue de ma grande capacité à vivre dans d'autres époques. Le jour où la machine à remonter le temps fera
son apparition dans nos doux foyers, (juste à côté de la Wii et du robot qui fait la vaisselle), je serai la reine du monde, et je m'envolerai dans un rire sardonique vers d'autres
horizons.
Par contre, je vous laisserai sans remords les années 40, 50, 60, 70 et même 80 si vous voulez. (Oui, il existe des gens nostalgiques des années 80. Je me suis toujours demandé comment s'était
déroulée leur enfance, pour ma part, je ne regrette ni Jeanne Mas ni Emile et images ni la frange en pétard) Mais je vous préviens, je me battrai à mains nues pour aller faire un tour dans les
années 20 - 30, avoir des plumes sur la tête, danser sur des trucs jazzy, fumer délicatement des cigarettes en écoutant du Fréhel ou du Piaf.
Finalement, j'aspire à être une poule de luxe qui fait la fête.
Par cassis
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Lundi 9 novembre 2009
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Comme toujours, après avoir découvert un nouveau blog super bien - même que tu passes ton dimanche après-midi à le lire fébrilement -et quand tu te rends compte que t'es arrivé en juillet 2007, tu
te dis qu'il est temps d'aller voir la lumière du jour - je décide de me lancer. A ce titre, je ne compte plus le nombre d'ébauches de blogs dont je ne sais même plus comment y accéder - j'ai donc
à peu près 8 bébés blogs inactifs qui se baladent quelque part sur la toile. (Quand je serai riche et célèbre, nul doute que les quelques articles écrits à la va-vite sur des sujets obscurs
viendront foutre la merde.)
Mais cette fois, je me discipline, je me serre la vis, je laisse libre cours à ma graphomanie - quelque part, je n'ai pas peur de l'avouer, tant pis pour vous.
Ce qui me fascine avec les blogs des autres, (enfin, pas tous hein, perso les publications concernant les monomaniaques du pull mohair me branchent moyen - si, si, ils existent, même que c'est
là link ), ce qui me fascine donc, sans doute parce que je m'en sens
incapable, c'est leur capacité à rebondir sur tout et n'importe quoi.
TOUT, mais vraiment tout : leur sexualité débridée - ou pas, les aboiements incessants du chien de la concierge ou de la concierge elle-même, un week-end à Londres
qui deviendra le pilier d'une polémique sur la littérature du XVIIIème (aucun rapport, je sais, JUSTEMENT), les méfaits de la mondialisation, la nouvelle coupe de la stagiaire ou la
reumasteurisation de Blanche-Neige et Les Sept Nains... Qu'on se le dise, le blogueur fait feu de tout bois - et c'est là son moindre défaut. Il peut raconter sa vie entière détails gores inclus
puis, le lendemain, se faire aussi rock'n roll que Bernadette Chirac et exposer mollement sa théorie sur le langage des orteils chez les papous du Sud.
Quoi qu'il arrive, à mon sens, la recette magique qui donne toute sa saveur à un blog, peu importe son sujet, c'est d'y mettre un peu de soi, d'être un minimum
sincère. Évidemment, (attention, banalité en vue), c'est là aussi que réside tout le danger de se la raconter sur Internet : on a l'impression
d'être seul au monde, d'être lu seulement par trois péquins qui s'emmerdent sur Excell au bureau, et pouf, un semblant de célébrité auréole vos articles sur vos soirées alcoolisées (articles que
vous n'effacez pas pour d'obscures raisons.) Le blogeur est donc exhibo, à mort.
Mettons à cela un bémol indispensable - je précise que je donne cet avis en tant que lectrice assidue de certains blogs - amis bloggueurs, si parcourir vos idées sur la théorie des chaussettes
esseulées au sortir de la machine à laver s'avère souvent drôle et divertissant, surtout, ne versez pas dans la politique de comptoir : tomber sur un billet anti-syndicaliste uniquement parce que
vous n'avez pas pu prendre le RER la veille donne envie de déserter vos articles pour trèèès longtemps. (S'il faut lire ce genre de choses, autant aller se faire un loto au PMU du coin avec René et
Jacky - oui, je suis une nostalgique des Musclés) Après ça, je ne remets pas en question les hommes ou femmes politiques qui font campagne sur la toile - je suis même amie avec Barack Obama sur
Facebook, c'est dire. Mais quand le Français moyen décide de raconter sa life, ce qui nous intéresse, ce sont les détails croustillants de sa life - son vide, pas ses trop-pleins.
Et puis, comme ça, si jamais je commence à monologuer sur le cours des fruits et légumes, vous aurez le droit de me jeter des tomates pourries.
Par cassis
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